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Depuis l’attaque militaire israélienne d’avril
2002 en Cisjordanie, en plus des destructions
massives faites à Jénine et à Naplouse, les
forces israéliennes d’occupation détruisent
régulièrement des propriétés palestiniennes dans
les Territoires Palestiniens Occupés (TPO): ils
défrichent les terres et vont même jusqu’à se
les approprier ou les donner aux colons. Ces
destructions, massives illégales et gratuites
qui ne sont nullement justifiées par des
imperatifs militaires, constituent de réels
crimes de guerre en vertu de la Quatrième
Convention de Genève.[1]
Les autorités israéliennes prétendent souvent
que les Palestiniens se servent de leurs maisons
et de leurs terres comme bases à partir
desquelles ils attaqueraient les postes
militaires israéliens ainsi que les colonies
illégales. Cependant, la plupart des démolitions
dans la bande de Gaza ont lieu sans qu’il y ait
le moindre procés judiciaire qui fournirait des
preuves, un préavis suffisant, une indemnisation
ou une possibilité d’appel. Dans certains camps
de réfugiés, des rangées de maisons ont été
détruites afin de créer une “zone tampon” qui
sépare de manière “sécurisante” les positions de
l’armée israélienne, des zones palestiniennes.
Les forces israéliennes ont aussi détruit les
maisons des prétendus “terroristes” ou de leurs
familles, et ce même si une telle sanction
collective est interdite par la Convention.[2]
Pendant l’Intifada d’Al-Aqsa, les forces
israéliennes d’occupation ont démoli au moins
947 unités de logement dans la bande de Gaza,
mettant des milliers de Palestiniens à la
rue.[3] Souvent, les familles sont réveillées en
plein milieu de la nuit par un bulldozer de
l’armée israélienne qui ne leur accorde que
quelques minutes pour prendre leurs affaires
avant de détruire la maison. Pour la plupart des
Palestiniens, la démolition de leurs maison et
de leurs biens constitue, d’un point de vue
économique un réel effondrement d’autant plus
qu’un éventuel redressement est
quasi-impossible.
En mars 2002, plutôt que de l’interdire, la Cour
Suprême israélienne a decidé de rendre légale la
démolition des maisons dans les TPO, tout en
statuant que l’armée devrait aménager une
possibilité d’appel. Depuis, les forces
israéliennes ont détruit un certain nombre de
maisons sans qu’il y’ait avertissement ou
préavis et ce, en violation de la décision de la
Cour Suprême.
La politique de destruction des maisons est
aussi menée à Jérusalem-Est par les autorités
israéliennes. Celles-ci prétextent souvent que
de telles maisons ont été construites sans
permis de construction en bonne et due forme,
bien que les lois descriminatoires de
construction rendent l’obtention de tels permis
quasi-impossible pour les Palestiniens.
Pendant l’Intifada d’Al-Aqsa, les forces
israéliennes d’occupation ont rasé au moins
17500 donums[4] de terres dans la bande de Gaza,
la plupart étaient des terres agricoles et
constituaient environ 9% de toute la terre
arable de la bande de Gaza. Ainsi, des milliers
d’agriculteurs se sont vus priver de leur unique
moyen de subsistance. Ces opérations consistent
en des déracinements d’arbres, des destuctions
de serres, de puits, de réseaux d’irrigation et
d’équipements de stockage. L’armée israélienne
interdit à certains agriculteurs de reprendre
leur activité même s’il faudra des années pour
remettre la terre à son état initial.
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[1]
Articles 147 et 53 qui dispose: “ Il est
interdit de détruire des biens mobiliers ou
immobiliers appartenant individuellement ou
collectivement à des personnes privées, à l’Etat
ou a des collectivités publiques, des
organisations sociales ou coopératives, sauf
dans les cas d’impératifs militaires.”
[2]
“Aucune personne protégée ne sera punie pour une
infraction qu’elle n’a pas commise
personellement. Les peines collectives, de même
que toute mesure d’intimidation ou de terrorisme
, sont interdites…Les mesures de représailles à
l’égard des personnes protégées et de leurs
biens sont interdites” (Article 33).
[3]
Ces statistiques se rapportent à la periode du
28 septembre 2000 au 28 fevier 2003 et ne
prennent pas en compte les maisons partiellement
démolies, endommagées ou détruites par des tirs
d’artillerie ou des bombardements.
[4]
1 dunum est égal à 1 000 mètres carrés.
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